Ecrire, mais sur quoi ?

Je ne parlerai pas ici du sujet (écrire quoi ?) mais du support (SUR quoi ?).

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Les auteurs ont toujours choisi les supports d’écriture de leur époque, c’est une évidence. Sans remonter aux tablettes d’argile, de la machine à écrire au traitement de texte sur ordinateur la transition a été assez douce. L’outil était moins contraignant : pas de feuilles carbones, correction immédiate, frappe sans fatigue, multiplicité des versions possibles,…

Mais la logique, le workflow pourrait-on dire, était le même : l’auteur planifie son texte, rédige, assemble, corrige et finalement établi une version finale. Qu’il imprime ou transmet par email à ses amis, son éditeur, son imprimeur… Le livre ne se conçoit que sous la forme du volume.

Un autre choix sera la diffusion directe sur Internet. Du producteur au consommateur. Ou en se professionnalisant : du producteur à l’éditeur en ligne.

Nous restons dans l’idée d’une œuvre finie, achevée.

Ou alors, on pense qu’une œuvre par nature n’est jamais achevée. Qu’elle se construit, se déconstruit, s’enrichit, se dépouille, comme une nature vivante. Que le sens du texte peut résider aussi dans ces mouvements. Strate narrative supplémentaire qui se dégage de l’archéologie de ses versions. Écritures plurielles à plusieurs auteurs. Invitation de collaborations. Beaucoup de possibilités à imaginer puisque les outils sont maintenant disponibles pour tous en ligne. Un simple blog peut faire l’affaire.

Pour l’auteur, le changement d’outil est plus conséquent. En renvoyant dans l’antiquité informatique le bon vieux traitement de texte, simple descendant de la Remington, il peut intègrer dans sa pratique le flux de données. Se brancher sur le contemporain. Avec les interrogations afférentes : comment monnayer la pénurie lorsque l’abondance est la norme ?

 

K-5

Le K-5 n’est pas le nom d’un haut sommet himalayen. Juste celui d’un boitier reflex de marque Pentax. Qui, comme tout reflex, est noir, massif, lourd et couvert de boutons et autres molettes. C’est justement ce qui est intéressant.

Du temps de la photographie argentique, j’avais un reflex Pentax, un modèle de grande diffusion, extrêmement robuste. Il fonctionne toujours, dix ans après que je sois passé au numérique, un appui sur le bouton marche et les diodes s’allument dans le viseur… Il m’en est resté un excellent objectif 50mm très lumineux.

Avec le numérique vint le temps des compacts. D’abord basique, puis plus évolués et enfin d’un bridge Lumix parfait avec son zoom équivalent 28-500mm. Presque parfait et tout tient dans le presque, celui-là même qui fait s’alimenter la frustration, la démangeaison du mieux, de l’impossible image où le matériel trace la frontière. Bref, il me fallait retourner au reflex avec tous ces inconvénients et son potentiel quasi inépuisable : changer d’optiques, capter la lumière au-delà de la vue humaine, modeler la profondeur de champ, distordre la perception, retoucher à l’infini sur l’ordinateur labo actuel.

Pentax est un nain à côté des Nikon et Canon. Mais la marque poursuit son activité grâce au soutien sans faille de générations de passionnés qui apprécient son originalité et sa moindre soumission aux dictats du marketing. Pour moi, revenir au reflex c’était retrouver Pentax et pouvoir réutiliser mon vieil objectif de 20 ans d’âge. Il n’y avait pas d’alternative envisageable.

C’est alors que le K-5 est apparu. Le grand retour de la marque dans le très haut du panier. Un boitier semi-professionnel à un tarif encore accessible. La réflexion fut assez courte…

Avec le (gros) chèque, je signais mon retour dans la photographie. Loin du presse-bouton. Quand il faut penser son image avant tout, faire les bons choix d’exposition, de focus… Composer son cadre, imaginer son sens, saisir le fugace, capter le presque rien, le presque tout. Retravailler sur l’écran, inventer de nouveaux sens.

Pour l’instant je fais mes gammes…

Images test Pentax K-5

Naturellement un livre en fichier

Dimanche dernier, je tombe sur un tweet de Bibliosurf :

Un nouveau Daeninckx dans la collection Mauvais genres : Le crime de Sainte-Adresse http://t.co/ipDBz2j

Mon regard ne fait qu’un tour (en tant qu’ancien Havrais) : Saint-Adresse = Le Havre, donc Daeninckx au Havre… et on ne m’avait rien dit ! :(

Un clic plus loin je fais ma commande sur Publie.net et je télécharge en epub dans la foulée. (Notez que j’aurais pu commander chez Bibliosurf mais c’était l’occasion de me créer un compte chez Publie.net).

Comme j’ai toujours en test chez moi la liseuse Orizon de chez Bookeen du travail : branchement USB, copie du fichier epub sur la racine de la liseuse, je démonte et voilà le Crime de Saint-Adresse bien installé dans la bibliothèque.

Lu dans la journée sur l’herbe de la baignade naturelle de Mont-près-Chambord pendant que la famille était dans l’eau purifiée par les roseaux. Je remarque que justement les personnes alentour ne remarquent pas vraiment la tablette (ou sont discrètes). Très agréable de tenir l’objet d’une main, finalement plus simplement qu’un livre imprimé. La lisibilité est excellente aussi à l’ombre qu’à la pleine lumière.

Très bon moment dans les dédales des docks havrais.

Electrelane

Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sous le charme total d’un nouvel artiste. De quatre en fait. Quatre filles du groupe anglais Electrelane qui viennent de refaire quelques concerts, et particulièrement un à Saint-Malo pour la Route du Rock.

Si le groupe est souvent défini comme un croisement entre Stereolab et Mogwai ou entre Stereolab et Sonic Youth… comment j’ai pu passer à côté jusqu’il y a quelques jours !

Pour en savoir plus.

Et surtout pour écouter.

Et pour voir. (durant 81 jours à la date d’aujourd’hui)

 

 

Pour me répondre à moi-même

Pour me répondre à moi-même sur la note en bas de page concernant la (non) question de l’écriture (de la mienne, du moins…).

Un mois et demi s’est écoulé et curieusement je n’ai pas cessé de penser à une réponse honnête et entendable. Pour être limpide, le souci est que la tentation n’est pas à la hauteur de l’effort, que l’effort à se distendre force à la distance et qu’au bout de ma lunette il ne me semble plus distinguer que la caricature d’un vieux style. Sans doute, peut-être, je saurai refaire ce qu’il y a dix ou treize ans j’ai écrit et rencontra la sensibilité de Jean-Louis Massot. Mais évidemment je ne pourrais plus. Comme tout le monde je ne suis plus ce que je fus. Et l’énergie de cette écriture passait par sa parfaite sincérité dans l’invention. Ou son invention dans la sincérité.

Saurais-je faire autrement aujourd’hui

Maintenant que la technique s’est évanouie. Ou grâce à la perte de la technique. Mais il ne reste plus que l’oreille du texte pour avancer en aveugle à déjouer les mauvais trous du trop mauvais goût. Peut-être dans cet équilibre à trouver, perdre, retrouver. Comme le début d’une anti-réponse. Car c’est un trou qu’il me faudra recreuser, la réponse et le plat chemin je les pratique chaque jour.

A la mine

Pourquoi pas

 

 

Remerciements à François Bon pour m’avoir envoyé l’excellent Cambouis d’Antoine Emaz, une aide précieuse à la réflexion.

Nouvel atelier d’écriture avec François Bon (jour 1)

Deux jours de plus avec François Bon ! C’est presque un abonnement mais c’est bon ( trop tentant).

Organisé par Livre au Centre (merci à l’équipe !)

Les travaux des stagiaires :

http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2610

 

Au 108 rue de Bourgogne à Orléans :

 

Edit (22:30) : chacun de ces ateliers d’écriture me ramène inévitablement vers la question de mon écriture. Mille et une raisons pour ne plus écrire… en soit un sujet d’écriture. Mais au fond il y a une vraie ironie : d’avoir tellement simplifié, taillé, supprimé, élagué… toujours plus près de l’essentiel et de l’impossible à décrire. Que plus rien à dire. Tout faisait trop. Ce sentiment que chaque mot était trop et pas assez. Chaque idée comme une pesanteur.

Maintenant, aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? Juste un chatouillement de regrets et une étendue d’à quoi bon. Il n’aurait même pas fallu écrire ceci. Manque de cohérence et goût du jeu. Peu sérieux c’est la faille. Pas de foi, trop de loi. Arrêter avant l’insincérité.

VOD : le moins est le plus ?

Une discussion très intéressante avec Franck Gabriel, de CVS, sur l’offre de VOD (vidéos à la demande) en bibliothèques, m’a amené à quelques réflexions sur le sujet…

On constate généralement que les bibliothèques qui ont proposé des services de consultation de vidéos à la demande n’en sont pas satisfaites. Non pas que le service soit mauvais ou sans intérêt mais il ne trouve pas son public une fois passée la curiosité qui suit le lancement.

Franck Gabriel notait qu’une récente expérimentation de programmation de films, autour du festival du court métrage de Clermont-Ferrand, depuis les portails CVS de leurs clients (exemple : http://stream.cvs-mediatheques.com ) avait obtenu un vrai succès. Qui dit programmation, dit choix restreint et durée limitée.

Il me semble que la légitimité de la VOD en bibliothèque est précisément dans cette double limitation. Peu de films visibles au même moment et une durée prédéfinie pour les voir. Mais une valorisation par le choix, la pertinence, ou l’impertinence, par le travail de médiation de la bibliothèque. Et la possibilité de créer une attente avec son public, de le surprendre, d’introduire du dialogue autour de la programmation, de le stimuler.

Le vrai « plus » d’avoir pourtant un gros catalogue en arrière plan serait de permettre au public de rebondir, par l’entremise des mots clés par exemple, sur d’autres films, d’autres découvertes. Mais à quoi bon proposer tout de suite l’accès à l’ensemble du catalogue ? Plus il est caché, plus il est désirable.

Le fouillis

Au débouché de la rue des Écoles, une ruelle. Pente brusque en descente. Perspective lointaine et brouillée. Feuillures, poteaux, fils électriques, fils téléphoniques. Étagement anarchique. Plus loin, presque indistincts, autres fils. Autres mâts. Caténaires. Lampes, toits de tôles, industrie, antennes, paraboles. Et plus loin. Au fond du lointain, au pied du cèdre géant. Des tombes. Blanches, grises. Petites choses ténues éclairées d’un faible soleil d’hiver, abritées sous les ramures du persistantes. Vraiment loin des hommes, des fils et des liens. Fixées dans le froid mordant de ce matin.