Cool Anglia

Après une semaine passée dans l’est de l’Angleterre, dans le Suffolk et à Cambridge pour être précis, j’en reviens avec des photos bien sûr et surtout des images.

Celles d’une Angleterre à mille lieues de nos représentations habituelles de la City, du libéralisme sauvage,  de la difficulté de la vie quotidienne, de la précarité des plus faibles, etc. Sans doute que cette Angleterre existe, sans doute même qu’elle existe ici dans ces terres paisibles de l’East Anglia où tout semble ancré dans une permanence britannique que rien ne pourrait bouleverser. Mais c’est bien l’imagerie traditionnelle de la vieille Angleterre qui domine, comme une plongée dans un vieil Agatha Christie, un épisode suranné d’une série télévisée…

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România forever…

J’ai fait trois voyages en Roumanie à l’époque communiste.

Il m’en reste une poignée de photos, on en prenait peu à l’époque (d’avant le numérique) et certaines bobines ont été perdues. Voir diaporama.

Le premier en juillet 1978 (j’avais 13 ans) avec le Centre Aéré de ma ville (article Nouvelle République). On a passé un mois dans le village de vacances pour pionniers de Navodari, au nord de Constanta, avec des centaines d’enfants de tous les pays communistes de la planète (le groupe français partageait sa chambre avec les russes… pas triste !) dans le cadre d’un « Festival international des enfants du monde pour la paix » (Festivalul international copii lumii doresc pacea).

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Versailles a-t-il (encore) une âme ?

La saison des ponts et des week-ends à rallonge peut être l’occasion de sorties familiales aussi culturelles que dépaysantes. Lorsqu’on habite en province, cette vaste zone indifférenciée qui n’a pas les Tours Eiffel et Montparnasse émergeant de l’horizon (brouillé), ces sorties peuvent avoir pour destination l’Ile de France et comble de l’originalité, le château de Versailles. Les enfants servent habituellement de prétexte (éducatif) mais c’est un peu moins hypocrite que pour Disneyland.

Cela faisait environ huit ans je ne n’y étais pas allé et je me faisais un plaisir de retrouver l’atmosphère baroque et rêveuse des parcs et jardins. Ces promenades sans fin, de bosquets en fontaines, de parterres fleuris en bois secrets. Ces perspectives étonnantes sur le grand canal, ces ruptures de style depuis le bassin d’Apollon jusqu’au domaine de la reine.

Las. C’était sans compter qu’un jour férié le parc du château est cadenassé pour cause de grandes eaux (j’avais projeté en cette première journée, une traversée jusqu’à Trianon) et, quelques kilomètres de marche sous le soleil plus tard, que le domaine de Trianon est devenu intégralement payant. Ce qui signifie que toutes les grilles sont closes hors guichets. Autant payer pour visiter les châteaux semblait sinon normal, pour un domaine national, du moins compréhensible (usure, dégradations, personnel), mais payer pour se promener dans des jardins me semble plus discutable, même si le prix est raisonnable et qu’il regroupe jardins + châteaux, décourageant de fait la simple promenade. Le mesure semblait dater de 3 ans environ (information rabâchée par les gardiens fréquemment interpellés : le peuple n’a pas oublié que Versailles lui appartient).

La dîme ayant été prélevée (10€ par adulte, gratuité pour les enfants) on accède enfin aux jardins de Trianon et c’est là que la monétarisation du site prend toute son absence de sens… passer du grand au petit Trianon s’apparente à un vrai jeu de piste : grilles fermées, cul de sacs en tout genre, signalisation quasi-inexistante. Le visiteur doit être dans une excellente forme physique car il ne lui sera épargné aucun détour, revirement, repassage sur ses traces. Du moins s’il persévère jusqu’à trouver le fameux petit pont qui rattache les deux domaines.

N’espérez pas, depuis le grand Trianon, lorsque vous débouchez sur cette perspective majestueuse vers le grand Canal, descendre le magnifique double escalier et poursuivre votre promenade le long des eaux calmes. Cadenassé.

Alors, lorsqu’on a connu avant… La fluidité des espaces, la liberté de déambuler sans but et sans contrainte, les surprises des points de vue inespérés, des passages mystérieux, la sensation de cheminer hors du temps… On se sent aussi un peu cadenassé. Et on apprécie la beauté des lieux, mais on ne goûte pas. Comme si l’essentiel n’y était plus.