Suite des aventures blogesques…
Ecriture à plus de 30 avec Google Docs : naissance d’un texte en direct, très étonnant !!!
Tout est très bien résumé sur le Tiers Livre ainsi que sur le page de Livre au Centre.
A reconduire !
Suite des aventures blogesques…
Ecriture à plus de 30 avec Google Docs : naissance d’un texte en direct, très étonnant !!!
Tout est très bien résumé sur le Tiers Livre ainsi que sur le page de Livre au Centre.
A reconduire !
Deux jours de plus avec François Bon ! C’est presque un abonnement mais c’est bon ( trop tentant).
Organisé par Livre au Centre (merci à l’équipe !)
Les travaux des stagiaires :
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2610
Au 108 rue de Bourgogne à Orléans :
Edit (22:30) : chacun de ces ateliers d’écriture me ramène inévitablement vers la question de mon écriture. Mille et une raisons pour ne plus écrire… en soit un sujet d’écriture. Mais au fond il y a une vraie ironie : d’avoir tellement simplifié, taillé, supprimé, élagué… toujours plus près de l’essentiel et de l’impossible à décrire. Que plus rien à dire. Tout faisait trop. Ce sentiment que chaque mot était trop et pas assez. Chaque idée comme une pesanteur.
Maintenant, aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? Juste un chatouillement de regrets et une étendue d’à quoi bon. Il n’aurait même pas fallu écrire ceci. Manque de cohérence et goût du jeu. Peu sérieux c’est la faille. Pas de foi, trop de loi. Arrêter avant l’insincérité.
Une discussion très intéressante avec Franck Gabriel, de CVS, sur l’offre de VOD (vidéos à la demande) en bibliothèques, m’a amené à quelques réflexions sur le sujet…
On constate généralement que les bibliothèques qui ont proposé des services de consultation de vidéos à la demande n’en sont pas satisfaites. Non pas que le service soit mauvais ou sans intérêt mais il ne trouve pas son public une fois passée la curiosité qui suit le lancement.
Franck Gabriel notait qu’une récente expérimentation de programmation de films, autour du festival du court métrage de Clermont-Ferrand, depuis les portails CVS de leurs clients (exemple : http://stream.cvs-mediatheques.com ) avait obtenu un vrai succès. Qui dit programmation, dit choix restreint et durée limitée.
Il me semble que la légitimité de la VOD en bibliothèque est précisément dans cette double limitation. Peu de films visibles au même moment et une durée prédéfinie pour les voir. Mais une valorisation par le choix, la pertinence, ou l’impertinence, par le travail de médiation de la bibliothèque. Et la possibilité de créer une attente avec son public, de le surprendre, d’introduire du dialogue autour de la programmation, de le stimuler.
Le vrai « plus » d’avoir pourtant un gros catalogue en arrière plan serait de permettre au public de rebondir, par l’entremise des mots clés par exemple, sur d’autres films, d’autres découvertes. Mais à quoi bon proposer tout de suite l’accès à l’ensemble du catalogue ? Plus il est caché, plus il est désirable.
Au débouché de la rue des Écoles, une ruelle. Pente brusque en descente. Perspective lointaine et brouillée. Feuillures, poteaux, fils électriques, fils téléphoniques. Étagement anarchique. Plus loin, presque indistincts, autres fils. Autres mâts. Caténaires. Lampes, toits de tôles, industrie, antennes, paraboles. Et plus loin. Au fond du lointain, au pied du cèdre géant. Des tombes. Blanches, grises. Petites choses ténues éclairées d’un faible soleil d’hiver, abritées sous les ramures du persistantes. Vraiment loin des hommes, des fils et des liens. Fixées dans le froid mordant de ce matin.
Heureux possesseur d’un « smartphone »* depuis peu (vous savez ces téléphones qui ne servent plus vraiment à téléphoner), je découvre un monde nouveau ou plutôt un Internet nouveau. Où les bibliothèques semblent bien mal présentes.
Je pense en particulier à l’accessibilité des portails et des OPAC depuis ces terminaux à petits écrans.
Je ne ferai pas un panorama des différents OPAC, non seulement parce qu’ils sont trop nombreux (logiciels, versions, interfacés avec des portails ou non) mais un rapide balayage permet de remarquer certaines constantes :
- l’affichage est souvent illisible à cause de polices fixes trop petites
- les liens sont parfois dans des boutons microscopiques ou trop rapprochés qui obligent à zoomer pour être sélectionnable avec le doigt
- les pages demandent souvent de scroller (déplacer les ascenseurs) en permanence pour accéder aux différents champs de recherche ou parfois pour trouver tout simplement le bouton de recherche
- l’affichage des réponses chez certains s’étale en largeur empêchant toute lecture immédiate de l’ensemble notice + données de l’exemplaire, même en mettant l’écran dans le sens paysage
- les portails (Archimed, Drupal,…) ne semblent pas mieux lotis
Il faut remarquer que certains comme Vubis, à Neuilly ou à Troyes, Pergame-AFI à Yerres ou encore Koha à Miramas s’en sortent avec les honneurs : champs accessibles, réponses compactes.
Mais la vrai question est : existe-t-il des OPAC ayant une version pour mobile ? (option que proposent de nombreux sites)
Je n’en ai pas vu.
Alors que l’accès Internet depuis les « téléphones » mobiles explose, particulièrement chez les jeunes, comment pouvons-nous demeurer aussi peu attractif ?
En écho : Marc Maisonneuve, Des bibliothèques 2.0
* pour information, il s’agit d’un HTC Hero sous Android 1.5
L’implantation de bibliothèques au plus près de la population, que ce soit en centre ville ou en périphérie urbaine, se heurte fréquemment à la question des coûts et de la place disponible. Créer une bibliothèque est un investissement lourd. L’établissement occupe inévitablement une surface importante, ce ne serait que pour stocker tous les ouvrages, recevoir le public, permettre le travail interne. Espaces auxquels il faut ajouter, dans le meilleurs des cas, ceux consacrés aux animations (heure du conte, coin lecture, auditorium, etc.) ou à la consultation sur place.
En centre ville ces mètres carrés sont souvent indisponibles ou à des prix prohibitifs. En plus de l’investissement, les coûts de fonctionnement sont importants : prêter, ranger, stocker des supports physiques, mais aussi les traiter en terme de bibliothéconomie, suppose un personnel relativement nombreux (et jamais assez dans les faits).
Le numérique permettrait de changer totalement la problématique. A côté, en complément, des bibliothèques traditionnelles, pourraient se créer des micro-bibliothèques sans aucun supports physiques. Le public y recevrait, contre caution ou en location, une tablette de lecture (lecteur e-book ou autre) permettant aussi le stockage de fichiers qu’il rechargerait à des bornes en livres, périodiques, disques ou vidéos de son choix. Une sorte de fast food culturel, qui pourrait tenir dans quelques dizaines de mètres carrés, comme n’importe quelle boutique de centre ville, de galerie commerciale ou de faubourg. Évidemment il ne s’agirait pas réellement de bibliothèques ou médiathèques mais de points d’accès rapides à installer, économiques (on peut même envisager une industrialisation du modèle à l’instar des boutiques franchisées de grandes marques) et accessibles. Une ou deux personnes pourraient suffire pour le fonctionnement.
A la fois porte d’entrée et point-relais de la bibliothèque centrale, reliée informatiquement avec celle-ci, comme un terminal sur un réseau.
Rien n’empêcherait que s’y tienne de petites animations comme : rencontres avec un auteur, présentation de textes, de musiques ou de films. On peut imaginer aussi qu’elle serve de relais pour les réservations d’ouvrages en provenance de la centrale.
La dématérialisation peut aussi être un outil de développement de la culture et des bibliothèques : en permettant de s’approcher au plus près de la population (zones commerciales de centre ville ou de périphérie, lotissements, banlieues), en étant « techno-compatible » avec la culture des populations jeunes et/ou urbaines, en divisant les coûts d’investissement et de fonctionnement sur la création de nouvelles structures, en offrant constamment les nouveautés en tout point.
Pour finir sur le modèle Ikea et clôturer presque deux mois de réflexions intenses ;)
Nos bibliothèques sont conçues comme des magasins avec des rayonnages. Hormis une architecture habituellement plus ostensible, le concept est celui d’un supermarché : linéaires austères, caisses, points d’informations, libre service. L’environnement est plus soigné, sans clinquant commercial, les allées plus étroites sans doute par économie de place et absence de caddies. Les sections jeunesse et multimédia font parfois exception, du moins sur la frange : coin pour les petits, heure du conte, auditorium, etc…
Mais difficile de se sentir « chez soi » dans ces environnements neutres et fonctionnels (il n’y a pas là de critique esthétique). Ce qu’offre Ikea, c’est de faire comme « à la maison », mais une maison 100% Ikea où l’on est à la fois invité et rassuré, puisque chaque objet est familier. Intimité et curiosité. Proximité et désirs. L’appartement virtuel et pourtant crédible du magasin Ikea est une machine d’assimilation et de proposition. Les rayonnages sont à l’étage inférieur, invisibles au premier abord.
Transposé aux bibliothèques, se pourrait être un espace de vie, tout à la fois public et quasi-privé, lieu de rencontre mais aussi de solitude pour qui le souhaite. Je ne proposerai pas ici de modèle d’architecture intérieure ou de décoration, l’important tient dans la capacité à accueillir et retenir. Et pour retenir il faut offrir ce que le public a peu ou pas à la maison : un environnement dédié au plaisir, aux sens, à l’intelligence, au partage. Là est le coeur et la raison d’être d’une bibliothèque. Que les livres, disques, DVD, Blu-ray… sagement (bien) rangés ne soient pas loin, mais à la périphérie, comme les rayons autour du soleil. Vous voyez l’image. Les rayonnages en rayon. Si possible pas trop haut, pas trop pleins. Là encore, s’inspirer des librairies, même des Fnac ou Megastore, autrement plus conviviales que les bibliothèques. Et plus loin, ou plus bas comme chez Ikea, un espace de stockage fonctionnaliste, industriel.
Cet espace central, ou plutôt ces espaces si l’on imagine un fractionnement comme autant de pièces intimes, chacune avec son atmosphère, n’aurait pas vocation à être une démonstration de style ou de design, mais des lieux habités, vivants ou puisse naitre des codes ou des rites. Supports d’écriture, de conseils de lecture ou de films, ateliers d’artistes, ateliers d’écriture, studios de musique, points d’information et de rencontres avec des experts, conférences, projections…Pourquoi pas des espaces vierges, vides, laissés à la libre disposition de petits groupes pour les meubler, les décorer, s’y montrer.
Et des jouets pour les plus petits, et des consoles de jeux vidéos pour plus grands.
Et bien entendu le boire, le manger et le Net. Accessible partout, fusionné avec les services d’information, irriguant les tablettes de lecture disponibles, les smartphones des usagers, la diffusion musicale, les moniteurs vidéos.
Une bibliothèque du temps présent, avec une nouvelle mission. Permettre les conditions de développement de réseaux sociaux IRL (dans la vraie vie). Et le modèle pourrait être Facebook.
PS : Quelques idées empruntées à la fantastique bibliothèque de Delft
On a vu dans la première partie que la prise en compte du public était une composante majeure du succès de la chaine suédoise. Le client est acteur, on lui enseigne que c’est lui, par sa participation aux charges (manutention, transport, information), qui permet de maintenir des prix bas. Le client est au centre de la communication, au centre du magasin. Vraie ou fausse, la communication fonctionne car elle semble sincère, logique et efficace. Transparente en un mot, comme l’eau des fjords ou l’aquavit. Et tout concours à rappeler cette simplicité sans malice venue du Nord. Couleurs primaires, design dépouillé, noms suédois et même panneaux géants présentant certains aspects de la culture scandinave.
Culture, le mot est posé. IKEA est une référence culturelle autant, sinon plus, qu’un marchand de meuble. Au même titre qu’une bibliothèque et peut-être même davantage. Comme un lieu de découverte et de partage culturel, que l’on pourrait acquérir. Mettre dans un chariot, emporter chez soi, déballer, assembler en suivant le célèbre guide de montage qui est sans doute la bande dessinée la plus diffusée au monde.
On pourrait s’étonner que la vente de livres, de disques, de dvd ne fasse partie du panel des objets vendus. Sans doute à cause de la faible visibilité de la scène culturelle scandinave en dehors de ses frontières et notamment en France, sauf quelques exceptions ponctuelles. Il semblerait que les magasins IKEA suédois couvrent beaucoup plus de domaines. Mais ce serait cohérent, lorsque IKEA vend de l’alimentation suédoise ce n’est pas pour augmenter son chiffre d’affaire, c’est pour aller au bout de sa logique. La culture comme une identité commerciale.
Nos bibliothèques se posent naturellement comme des antithèses de ce modèle : à la fois ontologiquement « culturelles » et non commerciales. Double handicap au sein d’une société où, majoritairement, le modèle marchand est reconnu comme un étalon d’efficience, un vecteur incontestable de mixité sociale et où le « culturel » est plus ressenti comme un instrument de clivages sociaux (les cultures plurielles) que de consensus structurant comme peuvent l’être les enseignes Darty, Carrefour ou Décathlon. La culture dominante n’est pas dans les bibliothèques, il faut s’y résigner. Ou pas, si l’on imagine la possibilité de l’y faire entrer, non pas insidieusement comme ont servi parfois, du moins dans un premier temps, les disques, les vidéos puis les accès Internet, mais ouvertement, et avec sincérité, à la manière du modèle suédois.
Au début il y a le concept IKEA. Non, pas le « design démocratique », ni le kit en cartons plats, l’autre concept. Celui du magasin-showrom-entrepôt-restaurant. Depuis toujours l’enseigne suédoise fidélise et accroit sa présence, dans le monde entier, via ses magasins. Et à l’heure d’Internet, ne pratique la VPC qu’avec parcimonie et sans faire d’effort sur le coût des livraisons.
Le magasin IKEA est un temple et le fidèle doit s’y rendre. Il s’y rend avec plaisir habituellement, s’en fait même une fête, l’occasion d’une sortie familiale. Et rarement gratuite. On ne sort pas du magasin IKEA les mains vides. C’est inconcevable. Mais avec la joie, presque la fierté, d’avoir trouvé le « truc » nouveau, l’objet que l’on cherchait, le meuble indispensable. (Les voitures sont souvent trop petites pour les fidèles IKEA).
Quel rapport avec les bibliothèques ? Aucun, souvent. Et c’est justement le souci. Pour caricaturer on dirait que le magasin IKEA est une non-architecture pleine de vie, la bibliothèque souvent une sur-architecture pleine de vide. Car ce n’est pas le contenu qui fait le plein, c’est l’organisation du contenu qui rempli le vide.
Un magasin IKEA n’est pas un magasin de meuble ou de décoration, c’est un parcours initiatique qui doit transformer le visiteur en fidèle. Et procurer au fidèle une expérience renouvelée, à la fois familière et surprenante. Rien de moins.
En quelques mots, déroulons ce parcours : On entre au premier niveau, qui n’est pas forcément le rez-de-chaussée : immédiatement après l’entrée, le Smaland, l’espace des enfants avec animateurs qualifiés, gratuit, sécurisé. On monte tout de suite au niveau haut. C’est là le coeur du magasin : un immense plateau mais qui n’apparait jamais dans sa totalité puisque divisé en autant d’univers correspondant aux différentes pièces de la maisons, ou familles de meubles. Dans chacun des univers un espace d’exposition de meubles assez traditionnel bordé par des mises en situation avec de véritables pièces totalement reconstituées et décorées. Chacune développant une ambiance différente et illustrant le potentiel créatif du mobilier. Les univers sont reliés par un chemin balisé qui serpente de façon à optimiser la zone de curiosité du visiteur tout en évitant l’ennui des allées droites. A la sortie de ce labyrinthe où l’on ne peut se perdre, le restaurant suédois, un self spacieux et lumineux et la descente vers le niveau inférieur : un immense libre service d’objets de maison, vaisselles, luminaires, tissus, etc. suivi du dépôt de meubles où le client se sert directement sur les rayonnages en fameux paquets plats. Enfin, on parvient aux caisses et derrière, pour finir, une épicerie suédoise et une cafétéria.
Pour résumer : on découvre, on touche, on note avec son petit crayon de bois offert, on s’inspire, on planifie avec les ordinateurs mis à disposition, puis on fait son choix, on se sert, on se fait plaisir. Le chariot se remplit. D’abord la découverte puis la satisfaction. Mais aussi prendre le temps de manger, boire un verre, laisser jouer les enfants. Oublier le temps.
J’essaierai de cerner dans une seconde partie, en quoi ce modèle extrêmement élaboré pourrait inspirer les bibliothèques pour les rendre aussi attractives qu’un magasin IKEA. Ce qui est toujours plus difficile lorsqu’il n’y a rien à vendre.